Rapide critique des propos de Raphaël Lellouche sur les propos de Ratisbonne
Le philosophe se livre, dans un interview à Resilience TV, à une brillante analyse du discours du pape. Néanmois, arrivé au moment d'évaluer les deux perspectives dominantes qui existent dans la manière d'aborder l'islam : en gros celle des dhimwits et celle des voltairiens, il renvoie les deux thèses dos à dos. Je le cite :
Il ajoute ensuite :
1. Lellouche ne donne aucun exemple de ce que sont ces interprétations d'un islam de dialogue et de tolérance.
2. Présenté par Résilience comme "élève de Barthes", il place au plus haut point l'"interprétation", ce qui signifie pour ces gens là qu'on peut faire dire tout et n'importe quoi à un texte pour peu que cela permette d'épater le gogo - cf le site de René Pommier pour un démontage des "interprétations" des barthésiens.
3. Car ce que monsieur Lellouche oublie, c'est qu'on n'interprète pas n'importe comment le Coran et qu'il existe une clé, donnée dans la sourate 2 :
Sourate: Al-BAQARAH (LA VACHE)(2) Verset N°: 106
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2.106. Si Nous abrogeons un verset quelconque ou que Nous le fassions oublier, Nous en apportons un meilleur, ou un semblable. Ne sais-tu pas qu'Allah est Omnipotent ?
4. Toutes les écoles d'interprétations autorisées du Coran ne divergent en réalité que sur des broutilles : aucune ne fait l'impasse sur la guerre contre les mécréants. On peut recommencer l'interprétation si on veut : on aura toujours le même résultat, pour peu qu'on le fasse avec raison et non à coups de délires néo-barthésiens. (Pour rappel, voici les 4 grandes écoles de l'islam sunniste : malékite, hanbalite, shaféite et hanafite ; le pape a fait référence dans son discours à l'école zâhirite, disparue, et à laquelle Ibn Hazm appartenait.)
5. Toute interprétation visant à apporter une nouveauté au Coran ou visant à déformer le message coranique est proscrite :
Voir ainsi ce hadith très célèbre d'Abou Dawoud :
d'après Al-^Irbad Ibnou Sariyah, le prophète a dit :
((??????? ??????? ?????? ???? ??? ????? ???? ???? ???? ?????
"Méfiez-vous des nouveautés dans les choses car certes toute nouveauté est une innovation et toute innovation est égarement".
Interprétation donnée par ce site, et qui rejoint tout ce que j'ai lu à ce sujet :
"(...) le terme de ce hadith est général mais son sens est spécifique pour preuve les hadith précédemment cités. On dit donc : ce que visait le Prophète , c'est ce qui est innové et qui est contraire au Livre, à la Tradition prophétique, à l'Unanimité ou aux faits et actes des compagnons."
Conclusion : un peu moins de Barthes et un peu plus de raison serait le bienvenue chez certains de nos philosophes...
H K.-L. : Vous dites que c’est à eux de décider, certes, mais on a le droit, comme Anne-Marie Delcambre, de citer des versets du Coran qui sont absolument épouvantables, c’est un constat…
R.L. : Oui, le droit bien sûr, et il est nécessaire de le faire, il ne faut pas occulter ces versets, mais encore faut-il voir dans quelle intention on le fait, il n’y a jamais de constat neutre. Certains vont extraire uniquement les parties violentes du Coran pour triompher : « Vous voyez ce que je disais… c’est l’islam lui-même, et non pas « l’islamisme », qui est en cause, la preuve… ». D’autres choisiront d’autres citations qui donnent une autre image de l’islam.
Il ajoute ensuite :
H.K-L. : Ce qui est embêtant aussi, c’est que pour les musulmans, on ne peut pas changer d’ombre d’une virgule au Coran
R.L. : C’est tout le problème du rapport entre un texte et son interprétation. La véritable question est de savoir qui décide, non pas de ce qu’est le texte du Coran (il est ce qu’il est), mais de ce qu’est l’islam comme religion vivante. Comme dans toutes les religions vivantes, dans l’islam, à côté du texte sacré, il y a aussi une tradition d’interprétations. Après tout, les Juifs aussi, à côté de la Torah, ont la tradition orale du Talmud et la tradition rabbinique. La religion est vivante, elle n’est pas littéraliste. Le littéralisme est contradictoire. À un verset on peut toujours opposer un autre verset.
On peut aussi critiquer l’islam, non pas pour le « réfuter » dans son fondement supposé radicalement néfaste, mais pour dialoguer avec les musulmans, et pour leur suggérer qu’il y a eu, dans leur tradition même, une critique de la violence théologique, qu’il y a eu des traditions rationalistes. Il existe un islam de dialogue et de tolérance. Mais il faut que les musulmans y aient accès, et qu’ils rejettent explicitement l’islam de violence et la théologie du jihad.
1. Lellouche ne donne aucun exemple de ce que sont ces interprétations d'un islam de dialogue et de tolérance.
2. Présenté par Résilience comme "élève de Barthes", il place au plus haut point l'"interprétation", ce qui signifie pour ces gens là qu'on peut faire dire tout et n'importe quoi à un texte pour peu que cela permette d'épater le gogo - cf le site de René Pommier pour un démontage des "interprétations" des barthésiens.
3. Car ce que monsieur Lellouche oublie, c'est qu'on n'interprète pas n'importe comment le Coran et qu'il existe une clé, donnée dans la sourate 2 :
Sourate: Al-BAQARAH (LA VACHE)(2) Verset N°: 106
??? ??????? ???? ????? ???? ???????? ?????? ???????? ???????? ???? ????????? ?????? ???????? ????? ?????? ?????? ????? ?????? ???????
2.106. Si Nous abrogeons un verset quelconque ou que Nous le fassions oublier, Nous en apportons un meilleur, ou un semblable. Ne sais-tu pas qu'Allah est Omnipotent ?
4. Toutes les écoles d'interprétations autorisées du Coran ne divergent en réalité que sur des broutilles : aucune ne fait l'impasse sur la guerre contre les mécréants. On peut recommencer l'interprétation si on veut : on aura toujours le même résultat, pour peu qu'on le fasse avec raison et non à coups de délires néo-barthésiens. (Pour rappel, voici les 4 grandes écoles de l'islam sunniste : malékite, hanbalite, shaféite et hanafite ; le pape a fait référence dans son discours à l'école zâhirite, disparue, et à laquelle Ibn Hazm appartenait.)
5. Toute interprétation visant à apporter une nouveauté au Coran ou visant à déformer le message coranique est proscrite :
Voir ainsi ce hadith très célèbre d'Abou Dawoud :
d'après Al-^Irbad Ibnou Sariyah, le prophète a dit :
((??????? ??????? ?????? ???? ??? ????? ???? ???? ???? ?????
"Méfiez-vous des nouveautés dans les choses car certes toute nouveauté est une innovation et toute innovation est égarement".
Interprétation donnée par ce site, et qui rejoint tout ce que j'ai lu à ce sujet :
"(...) le terme de ce hadith est général mais son sens est spécifique pour preuve les hadith précédemment cités. On dit donc : ce que visait le Prophète , c'est ce qui est innové et qui est contraire au Livre, à la Tradition prophétique, à l'Unanimité ou aux faits et actes des compagnons."
Conclusion : un peu moins de Barthes et un peu plus de raison serait le bienvenue chez certains de nos philosophes...





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