Le Blog du Cochon Hallal

L'inconscience criminelle de Terre d'Enfance 2 : un document accablant

On peut aussi parler de l'inconscience criminelle de l'Etat français qui n'a pas cru bon de faire en sorte de rapatrier les humanitaires en Afghanistan. Voici un document publié au plus tard en décembre 2006 et qui énonce des règles que les Talibans donnent à leurs troupes - mais pas seulement. Les ONG y sont explicitement menacées, suffisamment pour que celles-ci cessent leurs activités en plein territoire taliban... ce qui était le cas de Terre d'Enfance. - seul l'article 26 concerne directement l'affaire.

Un petit bémol à ces accusations, les deux otages remontaient vers Kaboul au moment de leur arrestation, mais au vu des éléments ci-dessous, même s'ils étaient en train d'évacuer au moment de leur arrestation, cette décision de quitter le territoire taliban a au moins 5 mois de retard au vu des éléments ci-dessous.

Document publié en français le 19 décembre 2006


Afghanistan - Taliban
Le petit guide du parfait tâleb
Bassirat.net
19 Décembre 2006

Considérant qu’ils sont dans une étape cruciale de leur lutte, les taliban ont rédigé et distribué à leurs hommes un guide de neuf pages, véritable code de conduite du parfait tâleb.


Intitulé Layeha (règlement) et signé par le mollah Omar, chef suprême des taliban, le manuel s’adresse aux combattants taliban. Écrit en pashto, les trente commandements qui suivent ont été traduits de l’anglais.

1 : Seuls les commandants sont autorisés à donner une invitation à rejoindre le vrai islam aux Afghans qui soutiennent les infidèles.
2 : Nous garantirons la sécurité physique de ceux qui quittent les infidèles, ainsi que celle de leurs biens. Toutefois, si quelqu’un a des griefs contre lui, il devra faire face au système judiciaire des taliban.
3 : Tout moudjahid qui est en contact avec des partisans de l’actuel régime et qui les invite à rejoindre le vrai islam doit en informer son commandant.
4 : Ceux qui acceptent l’invitation à rejoindre le vrai islam mais qui se montrent déloyaux et deviennent des traîtres n’auront plus de contacts avec les taliban et ne seront plus protégés par eux. En outre, il n’est pas question de leur donner une autre chance.
5 : Un moudjahid qui a tué un infidèle qui avait rejoint le camp des moudjahiddin perdra le soutien des taliban et sera puni suivant la loi islamique.
6 : Un chef de groupe ou un simple combattant peut quitter son district pour une unité déployée dans un autre district à condition qu’il obtienne l’accord de son supérieur hiérarchique.
7 : Si un moudjahid capture un envahisseur étranger sans la permission du leader du mouvement, il ne doit pas l’échanger contre un autre prisonnier ou contre de l’argent.
8 : Les commandants au niveau provincial, régional et local (district) ne sont pas autorisés à signer des contrats individuels ou financiers avec les Ong. Ces questions sont tranchées par la shoura (conseil).
9 : Aucun responsable n’est autorisé à utiliser des équipements et des biens appartenant à la résistance pour son intérêt personnel.
10 : Chaque moudjahid est responsable devant son commandant de l’argent qu’il dépense et de l’équipement qu’il utilise.
11 : Les moudjahiddin ne sont pas autorisés à vendre leur équipement sans la permission du responsable régional.
12 : Un groupe de moudjahiddin n’est pas autorisé à inviter les moudjahiddin d’un autre groupe à le rejoindre dans le but d’augmenter ses effectifs. Mais s’il justifie d’une bonne raison (manque de personnel) le groupe peut y être autorisé. Toutefois, une autorisation écrite est nécessaire et les moudjahiddin qui rejoignent un nouveau groupe doivent laisser leurs armes à leur ancien groupe.
13 : Les armes ou les équipements confisqués aux infidèles ou à leurs alliés devraient être distribués équitablement aux moudjahiddin.
14 : Si quelqu’un qui travaille avec les infidèles souhaite coopérer avec les moudjahiddin, personne n’a le droit de le tuer. Si quelqu’un le tue, il devra répondre de ses actes devant la justice islamique.
15 : Si un moudjahid ou un commandant dérange des civils innocents, il devrait être averti par son supérieur. S’il ne modifie pas son comportement, il devrait être expulsé du mouvement.
16 : Il est strictement interdit aux moudjahiddin d’entrer dans les maisons et de prendre de force les armes des civils sans la permission du commandant de district ou de la province.
17 : Les moudjahiddine n’ont pas le droit de prendre l’argent ou les biens qui ne leur appartiennent pas.
18 : Comme sous le régime précédent (1994-2001), les moudjahiddin doivent éviter de fumer des cigarettes.
19 : Les moudjahiddin ne sont pas autorisés à prendre des garçons imberbes chez eux ou à les utiliser sur le champ de bataille.
20 : Si un membre de l’opposition ou du gouvernement souhaite se rendre aux taliban, l’échelon local peut considérer ses conditions, mais la décision revient au conseil militaire.
21 : Les gens à la mauvaise réputation ou ceux qui ont tué des civils durant la guerre sainte contre l’armée soviétique ne doivent pas être autorisés à rejoindre les taliban. Mais, si le chef suprême (le mollah Omar) pardonne une telle personne, elle devra rester chez elle. 22 : Si un moudjahid est reconnu coupable d’un crime et que son chef de groupe le renvoie, les autres groupes de taliban ne sont pas autorisés à l’enrôler. S’ils souhaitent réintégrer les taliban, il devra chercher le pardon de son ancien groupe.
23 : Si un moudjahid rencontre une situation non prévue par ce livre, le commandant régional peut trouver une solution en consultant le groupe.
24 : Travailler pour le régime fantoche actuel n’est pas autorisé, que ce soit dans une école coranique ou en tant qu’enseignant, car cela renforce le régime infidèle. Dans le but de renforcer le nouveau régime islamique, les musulmans doivent engager un enseignant en théologie et étudier dans une mosquée ou dans un autre endroit à l’aide des manuels scolaires datant des moudjahiddin ou du régime des taliban.
25 : Ceux qui travaillent pour le régime fantoche actuel en tant qu’enseignant dans une école classique ou dans une école coranique doivent recevoir des menaces. S’ils continuent à travailler, ils doivent être battus. Mais si un enseignant n’enseigne pas l’islam véritable, il doit être exécuté par le commandant du district ou par un chef de groupe.
26 : Les Ong qui viennent dans le pays à l’appel du gouvernement infidèle doivent être considérées comme lui. Elles viennent sous le couvert de l’aide aux populations mais, en fait, elles font partie du régime. Ainsi, leurs activités sont interdites, qu’il s’agisse de construire des routes, des ponts, des cliniques, des écoles ou des écoles coraniques ou quoi que ce soit d’autre. Si une école remplit ces conditions, elle doit être brûlée. Si une école refuse de fermer, elle doit être brûlée. Mais au préalable, tous les livres religieux qu’elle contient doivent être mis à l’abri.
27 : Avant que quelqu’un soit jugé coupable d’espionnage et soit puni, aucun commandant ou responsable n’est autorisé à se mêler de l’affaire. Seul le commandant général du district est autorisé à s’en mêler. Devant le tribunal, des preuves étayant l’accusation d’espionnage doivent être produites. Ceux qui apportent ces preuves doivent être sains d’esprit et jouir d’une solide réputation religieuse. Ils ne doivent pas avoir commis de crimes. L’accusé doit être puni seulement lorsque l’affaire est close et qu’il a été déclaré coupable.
28 : Aucun commandant subalterne n’est autorisé à interférer dans les affaires civiles et dans les disputes entre les gens. Si les gens insistent (pour que leurs différends soient tranchés par les taliban), le cas doit être soumis au commandant de district ou de région qui doit s’appuyer sur les dignitaires religieux ou sur une assemblée traditionnelle (jirga). Si une solution n’est pas trouvée, le cas devra être examiné par des savants reconnus.
29 : Chaque groupe de moudjahiddin s’engage à maintenir en activité jour et nuit des gardes vigilants.
30 : les 29 règles précédentes sont obligatoires. Quiconque viole une seule règle devra être traité en accord avec la loi islamique.


Voir aussi notre article sur l'affaire. Il y a une chose que l'histoire nous a appris avec les talibans, c'est que lorsqu'ils disent qu'ils vont faire une chose, ils le font effectivement.

Dans l'offre de recrutement, il était pourtant précisé ceci : "Conditions de sécurité globalement satisfaisantes – soumises à réévaluation permanente"

Or, au vu de ce document, et en sachant qu'un journaliste italien s'était fait enlevé et ses compagnons massacrés quelques jours auparavant, comment a-t-on pu être à ce point amateur à Terre d'Enfance pour ne pas "réévaluer la situation" ?

Et au vu de ce document et des fait arrivés quelques jours avant l'enlèvement des deux Français, comment est-ce que le chef de Terre d'Enfance, Antoine Vuillaume, a-t-il pu sans aucune honte juger de manière que l'on peut trouver parfaitement cynique "incompréhensible leur enlèvement, car ils travaillent tous les cinq pour des projets qui bénéficient à des centaines d'enfants et leurs familles."

Mais enfin, qu'est-ce que c'est que ce club d'amateurs inconscients qui paye leurs volontaires au RMI pour aller se faire massacrer au nom d'Allah ? Qu'est-ce que c'est que ce cercle de bobos qui est incapable de voir le danger alors que n'importe quel observateur au vu de ces documents et de l'actualité ne peut que constater qu'il était totalement fou de faire de l'humanitaire en territoire taliban - sans compter que le pays de ces humanitaires fait la guerre depuis cinq ans aux Talibans !

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