Des nouvelles de la laïcité en Turquie : la justice restreint le pouvoir religieux du patriarchat.
par Asia News

Turquie - Istanbul. Inquiétudes à propos d'un avis juridique qui refuse des droits oecuméniques au patriarche de Constantinople.
Le patriarche de Constantinople a exprimé son inquiétude à la suite d'un verdict récent le définissant comme un "sujet turc" uniquement guide spirituel de la minorité grecque orthodoxe vivant en Turquie [Note du Traducteur : cela signifie que la justice turque refuse au patriarche le droit de se proclamer guide spirituel de l'ensemble des chrétiens orthodoxes du monde entier]. Les experts parlent d'une manoeuvre politique qui va à l'encontre des programmes européens du gouvernement, un dangereux précédent qui peut influencer le destin de la communauté religieuse du pays.
Le patriarche de Constantinople a exprimé son profond dépit suite au verdict du 26 juin qui a contesté tout droit oecuménique au Patriarchat de Constantinople, le définissant comme un turc responsable du culte de la minorité grecque orthodoxe dans le pays. Selon la Cour, Bartholomé ne peut pas porter le titre de Patriarche Oecuménique pour le monde orthodoxe. Des experts des affaires religieuse en Turquie décrivent cette décision comme étant un verdict politique qui soulève des inquiétudes pour les destin des minorités religieuses dans le pays.
Dans un article publié hier, le Patriarchat a clarifié que "la primauté du Patriarchat a été un titre honorifique, spirituel et historique depuis plus de dix-sept siècles. Dans le monde chrétien orthodoxe, la primauté établit la hiérarchie et ne concerne que la religion orthodoxe, cela ne relève que de la théologie".
Le verdict de la Cour réaffirme une politique établie depuis longtemps vis-à-vis du Patriarchat, celle de minimiser son rôle et son autorité. Des diplomates notent que cette position est contradictoire pour un pays qui s'est placé dans la dimension européenne dès sa fondation dans les années 1920. Quoi qu'il en soit, ce qui inquiète grandement ces analystes est le contexte dans lequel ce verdict a été prononcé. La Cour était appelée à examiner le cas d'un prêtre turc orthodoxe d'origine bulgare, que le Saint Synode avait relevé de sa charge du fait de "croyances inadéquates et non appropriées". Dans la sentence, la Cour Suprême s'est rangée du côté du Patriarchat, mais au même moment a utilisé cette opportunité pour émettre un jugement politique sur le statut juridique du Patriarchat.
La "primauté" crainte par les autorité et l'opinion publique.
Dans le but de justifier son verdict, la Cour s'est retournée vers le Traité de Lausanne de 1923 qui indiquait que le Patriarchat de Constantinople relevait plus de la minorité religieuse que de l'oecuménique. Dans l'Orthodoxie, chaque église est autonome pour la juridiction, mais le patriarche de Constantinople a longtemps joué le rôe de "primus inter pares", renforcé par la valeur historique de l'Eglise de cette ancienne capitale chrétienne orientale. Les juges ont affirmé que, bien qu'il a le droit de rester sur le sol turc, le Patriarchat "est sujet de la loi turque", bien que la Turquie ne puisse pas donner de "statut spécial" à la minorité qui y vit. Les communauté orthodoxes et catholiques manquent de poids juridique, les ministre, des cultes et les évêques ne sont toujours pas reconnus, les séminaires restent fermés et le Patriarche doit être de, par la loi, un citoyen turc. Le qualificatif d'"oecuménique" attaché au Patriarchat, irrite aussi bien certains groupes politiques de la Turquie que certains secteurs de l'opinion publique qui accuse le Fanar de vouloir construire une enclave étrangère dans le pays, ou de créer un lieu jouissant de droits extra-territoriaux comparables à ceux dont jouit la Cité du Vatican. Autant d'accusations que le Patriarchat a constamment récusées, demandant seulement à ce que les droits fondamentaux soient reconnus.
Un dangereux précédent.
Le verdict de la Cour Suprême est un signal d'alarme qui n'est pas isolé. En 1947, la même Cour avait contesté le droit à la propriété de lieux de culte aux minorités religieuses, en contradiction avec une loi datant de 1933. Cette loi légalisait tout propriété acheté à cette date et autorisait l'acquisition de nouvelles propriétés. Avec le verdict de 1947, les fondations religieuses étaient arbitrairement expulsés de toute propriété achetée après 1933.
Traduction Imam Grouik-Grouik
Asia News 06/30/2007
Pour en savoir plus sur la persécution des chrétiens en Turquie, rendez-vous à cet article.
Le patriarche de Constantinople a exprimé son inquiétude à la suite d'un verdict récent le définissant comme un "sujet turc" uniquement guide spirituel de la minorité grecque orthodoxe vivant en Turquie [Note du Traducteur : cela signifie que la justice turque refuse au patriarche le droit de se proclamer guide spirituel de l'ensemble des chrétiens orthodoxes du monde entier]. Les experts parlent d'une manoeuvre politique qui va à l'encontre des programmes européens du gouvernement, un dangereux précédent qui peut influencer le destin de la communauté religieuse du pays.
Le patriarche de Constantinople a exprimé son profond dépit suite au verdict du 26 juin qui a contesté tout droit oecuménique au Patriarchat de Constantinople, le définissant comme un turc responsable du culte de la minorité grecque orthodoxe dans le pays. Selon la Cour, Bartholomé ne peut pas porter le titre de Patriarche Oecuménique pour le monde orthodoxe. Des experts des affaires religieuse en Turquie décrivent cette décision comme étant un verdict politique qui soulève des inquiétudes pour les destin des minorités religieuses dans le pays.
Dans un article publié hier, le Patriarchat a clarifié que "la primauté du Patriarchat a été un titre honorifique, spirituel et historique depuis plus de dix-sept siècles. Dans le monde chrétien orthodoxe, la primauté établit la hiérarchie et ne concerne que la religion orthodoxe, cela ne relève que de la théologie".
Le verdict de la Cour réaffirme une politique établie depuis longtemps vis-à-vis du Patriarchat, celle de minimiser son rôle et son autorité. Des diplomates notent que cette position est contradictoire pour un pays qui s'est placé dans la dimension européenne dès sa fondation dans les années 1920. Quoi qu'il en soit, ce qui inquiète grandement ces analystes est le contexte dans lequel ce verdict a été prononcé. La Cour était appelée à examiner le cas d'un prêtre turc orthodoxe d'origine bulgare, que le Saint Synode avait relevé de sa charge du fait de "croyances inadéquates et non appropriées". Dans la sentence, la Cour Suprême s'est rangée du côté du Patriarchat, mais au même moment a utilisé cette opportunité pour émettre un jugement politique sur le statut juridique du Patriarchat.
La "primauté" crainte par les autorité et l'opinion publique.
Dans le but de justifier son verdict, la Cour s'est retournée vers le Traité de Lausanne de 1923 qui indiquait que le Patriarchat de Constantinople relevait plus de la minorité religieuse que de l'oecuménique. Dans l'Orthodoxie, chaque église est autonome pour la juridiction, mais le patriarche de Constantinople a longtemps joué le rôe de "primus inter pares", renforcé par la valeur historique de l'Eglise de cette ancienne capitale chrétienne orientale. Les juges ont affirmé que, bien qu'il a le droit de rester sur le sol turc, le Patriarchat "est sujet de la loi turque", bien que la Turquie ne puisse pas donner de "statut spécial" à la minorité qui y vit. Les communauté orthodoxes et catholiques manquent de poids juridique, les ministre, des cultes et les évêques ne sont toujours pas reconnus, les séminaires restent fermés et le Patriarche doit être de, par la loi, un citoyen turc. Le qualificatif d'"oecuménique" attaché au Patriarchat, irrite aussi bien certains groupes politiques de la Turquie que certains secteurs de l'opinion publique qui accuse le Fanar de vouloir construire une enclave étrangère dans le pays, ou de créer un lieu jouissant de droits extra-territoriaux comparables à ceux dont jouit la Cité du Vatican. Autant d'accusations que le Patriarchat a constamment récusées, demandant seulement à ce que les droits fondamentaux soient reconnus.
Un dangereux précédent.
Le verdict de la Cour Suprême est un signal d'alarme qui n'est pas isolé. En 1947, la même Cour avait contesté le droit à la propriété de lieux de culte aux minorités religieuses, en contradiction avec une loi datant de 1933. Cette loi légalisait tout propriété acheté à cette date et autorisait l'acquisition de nouvelles propriétés. Avec le verdict de 1947, les fondations religieuses étaient arbitrairement expulsés de toute propriété achetée après 1933.
Traduction Imam Grouik-Grouik
Asia News 06/30/2007
Pour en savoir plus sur la persécution des chrétiens en Turquie, rendez-vous à cet article.





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